Brusque apparition de triangles (69)

Fin juin 1997 (ou peut-être début juillet, la date de l’observation reste imprécise), quatre jeunes gens furent témoins, entre  22h et  23h environ, d’un phénomène étrange dans le ciel de Craponne (localité située dans l’Ouest  lyonnais).
 
En cette belle nuit d’été, le ciel était parfaitement dégagé, et il n’y avait ni nuage, ni souffle de vent. Quant à la Lune, elle ne semble pas avoir été observée par les témoins. Seule la voûte céleste, avec ses milliers d’étoiles visibles, s’étendait à l’infini au-dessus des maisons. En cette période de vacances scolaires, les conditions étaient idéales pour discuter entre amis, et profiter de la fraîcheur du soir assis devant un lotissement de pavillons.
Les quatre témoins n’étaient  pas de vrais amis, mais de simples copains, qui essayaient de « tuer le temps » comme ils pouvaient, selon l’expression de l’un d’eux. Après cette mémorable soirée de 1997, ils nous ont tous confirmé qu’ils n’avaient pas cherché à se réunir à nouveau pour discuter de ce qu’ils avaient vu.


Une première constatation s’impose en ce qui concerne cette troublante observation : les récits des quatre témoins comportent des divergences importantes entre eux et cela malgré le fait que l’observation ai été faite, d’un même lieu, au même moment, et dans des conditions extérieures identiques.
 
Par contre, un certain nombre d’informations présentes dans les récits sont suffisamment convergentes pour que l’on puisse admettre, malgré tout, que ces jeunes gens ont  vu dans le ciel de Craponne un phénomène inexpliqué.
 
Mais qu’ont-ils vu au juste ?
                                           
Franck R. (âgé de 16 ans en 1997, étudiant) dit qu’il a vu passer au-dessus du groupe, trois lumières blanches formant un triangle isocèle. Puis, quelques minutes plus tard, il prétend qu’un second triangle apparemment identique au premier a suivi la même trajectoire.
Les deux triangles se déplaçaient dans la même direction, sensiblement à la même hauteur, et à la même vitesse. Franck n’a entendu aucun son anormal et n’a ressenti aucune sensation inhabituelle. Il affirme que les trois lumières blanches n’étaient pas reliées entre elles par une masse porteuse, ni par aucune structure solide. Bien que ne paraissant pas  solidaires les unes des autres, les lumières se déplaçaient dans le ciel d’une façon parfaitement synchronisée.
 
Céline P. (16 ans en 1997) confirme l’observation de Franck, et dit, elle aussi, avoir vu deux triangles formés de trois lumières, survoler le groupe d’amis. Elle estime le temps écoulé entre les deux passages à 10 minutes environ. Cependant, son témoignage diverge du précédent dans la mesure où les triangles qu’elle a observé étaient formés par deux  lumières à chaque sommet :  une lumière rouge, et une autre, dont elle ne se souvient plus de la couleur.
Comme Franck, elle ne remarqua ni masse porteuse, ni aucune structure solide entre les feux colorés. Elle précise, en outre, que les deux triangles se déplaçaient lentement, silencieusement, à faible altitude, et dans la même direction. Elle pense qu’ils devaient être plus grands qu’un avion de ligne ordinaire. Céline n’enregistra aucune sensation spéciale, mais elle entendit un souffle semblable à une respiration au moment où les triangles passèrent  au-dessus d’elle.
 
Quand à Julie B. (âgée de 15 ans en 1997, étudiante), elle avance une version de l’observation quelque peu différente de celles des deux témoins précédents. Elle déclare avoir  vu quatre points blancs disposés en forme de losange. Ces points évoluaient, à une altitude d’environ 50 mètres, et dans la même direction que celle indiquée par Franck et Céline. Julie confirme que le ciel était noir et sans Lune. Comme Franck et Céline, elle a vu passer deux fois le même objet, à une quinzaine de minutes d’intervalle.
 
Remarque importante : les deux objets sont apparus subitement, « comme une lampe qu’on éclaire », précisera-t-elle. Contrairement à  ses amis, elle est presque convaincue que les points blancs étaient reliés  entre eux par une sorte de matière solide. Elle se souvient aussi d’un son particulier, une sorte de curieuse et indéfinissable sensation d’aspiration qui accompagnait le survol des deux objets, « un peu comme si  l’air  était  aspiré », dira-t-elle.
 
Chaque passage des quatre points  blancs dura entre deux et trois minutes. Julie est certaine que ces objets n’étaient ni des avions, ni des hélicoptères. Elle n’a pas eu peur pendant l’observation. Son entourage immédiat (parents et amis) est resté parfaitement incrédule lorsqu’elle a raconté ce qu’elle a vu. Avant ce fameux soir, Julie ne se préoccupait pas du tout des ovnis, et menait sans histoire sa vie d’étudiante.

De tous les témoignages recueillis concernant le cas de Craponne,  celui  de  Tom B. ( âgé de 15 ans en 1997 ) est sans conteste le plus riche et le plus impressionnant.

Il se distingue nettement des trois autres par la précision des détails fournis, et par le très haut degré d’étrangeté de la scène décrite. Interrogé plusieurs fois sur de longues périodes de temps, le témoignage de Tom n’a pas varié sur l’essentiel.

Il affirme avoir vu deux immenses triangles isocèles passer successivement au-dessus des deux maisons bordant l’entrée de l’Allée des Rosiers.

Tom put observer très distinctement les deux immenses triangles et fournir ainsi des détails très précis. C’est en  fonction de leurs positions par rapport aux deux maisons situées de part et d’autre de l’entrée du lotissement, que nous avons pu estimer la base des triangles entre 25 et 30 mètres.

En ce qui concerne la longueur totale des triangles, Tom la situe entre 40 et 50 mètres. Les deux pavillons nous ont donc fournis de précieux points de repère pour tenter de définir des ordres de grandeur.
Les gigantesques triangles « semblaient planer sans effort », dira Tom. Il ne les a pas vu arriver comme l’on peut voir s’approcher un avion dans le ciel, par exemple.

Au contraire, ils sont apparus subitement, un  peu comme s’ils s’étaient matérialisés sur place. Le premier triangle est passé à environ 20 mètres à la verticale des deux maisons, le second, un peu plus haut.

La surface inférieure des triangles était sombre, massive, presque noire, et semblait faite d’une matière métallique très dure. Une formidable impression de puissance se dégageait du phénomène. Au niveau de l’épaisseur des triangles, Tom put distinguer de grandes surfaces éclairées, très blanches, ressemblant à de vastes baies vitrées.

La lumière émise par ces surfaces éclairées était semblable à l’éclat d’une lampe halogène. Les triangles étaient taillés en biseau, de sorte que la surface de la partie supérieure était plus large que la surface de la partie inférieure.
A la limite inférieure de chacun des triangles, c’est-à-dire à la base des baies vitrées, une sorte de néon produisait des lumières colorées synchronisées.

Décrire l’aspect de ce néon fut un exercice difficile pour Tom, parce qu’il ne parvenait pas à trouver un type d’éclairage équivalent dans son environnement.

Un détail très bizarre fut observé sous les triangles. Sur leur surface inférieure apparaissait, en effet, un large trou circulaire (estimé entre 4 et 5 mètres de diamètre environ), dans lequel une matière noire avec des reflets bleus se mouvait. Le  mouvement de cette matière noire ressemblait à celui des vagues qui peuvent agiter la surface d’un plan d’eau par exemple.

Ce détail intrigua beaucoup Tom qui comparera cette matière noire à « une sorte de liquide, ou de gaz très dense, recouvert d’une pellicule d’hydrocarbure », précisera-t-il.

Un autre fait important de l’observation, fut le silence étrange qui couvrait tous les bruits habituels de la ville. Lorsque les triangles survolèrent les jeunes gens, ils n’entendirent plus ni aboiement de chien, ni bruit de moteur, ni aucun murmure de la ville. Le silence était presque total.

Seul parvint  aux oreilles de Tom une sorte de « bourdonnement-sifflement », qu’il rapprochera du bourdonnement d’un essaim de guêpes.

Le sens de déplacement des deux triangles était le même que celui décrit par les trois autres témoins. Ils s’évanouirent brusquement dans la nuit, au-dessus des jardins situés de l’autre côté de la rue Joseph Moulin (voir reconstitution graphique).
 
Pendant  tout  le temps de  l’observation  des deux triangles, les témoins n’ont jamais cédé à la panique. Aucune perte de conscience n’a été signalée, ni aucun missing time  (temps manquant). Plus que la peur, ce fut l’étonnement qui s’empara des jeunes gens à la vue de ce phénomène inconnu. L’observation ne semble pas avoir généré de perturbations psychologiques notables, comme  par exemple, des troubles du sommeil, des maux de tête, une apathie inexplicable, une dépression nerveuse, des obsessions, ou d’autres troubles. A l’unanimité, les témoins avouèrent que leur entourage proche ne manifesta aucun intérêt pour ce qu’ils avaient vu et resta incrédule à l’audition de leurs récits. Aucun des témoins ne chercha à faire de la publicité  autour de cette affaire, et il fut  même difficile de les faire sortir de leur réserve pour raconter leur expérience.


Le cas de Craponne a été scénarisé, mis au centre d’un court métrage, et diffusé à la télévision, sur les écrans de France 3 Rhône-Alpes Auvergne.

La réalisatrice, Christelle Chabert, dans son film « Ovnis quels chromes », racontait la journée d’enquête d’un ufologue, Jean-Pierre Troadec. Le film fut tourné en 1999, et devant son succès d’audience, il fut diffusé à trois reprises sur une période de deux ans dans le cadre de l’émission « Histoires ordinaires ». L’émission permis de démarrer une autre enquête : le cas de Satolas (voir notre enquête : « En arrêt sous un triangle lumineux »), le télespectateur/témoin ayant pris contact, lors de la première diffusion du film, avec la production.